Sous la dictée du flot de nos pensées...
- Mallory Galera
- il y a 6 jours
- 3 min de lecture

Depuis toujours, ce flot continuel de pensées est là, à chaque instant en arrière-plan.
Ce bruit de fond intérieur nous est si familier, si habituel, que nous ne le remarquons même plus.
Pourtant, c'est ce flux incessant qui gouverne et donne la tonalité de nos journées, souvent à travers les mêmes boucles que nous alimentons en automatique, sans vraiment en avoir conscience.
Regardons de près comment se déroulent nos matinées.
Dès le réveil, nous commençons presque tous de la même façon : nous listons ce que nous avons à faire, nous anticipons le déroulement de la journée pour essayer de garder le contrôle.
C’est humain, et tout à fait normal.
Mais le voyage mental ne s'arrête pas là.
Au milieu de cette organisation, une contrariété de la veille, du mois dernier ou d'il y a dix ans, un doute, une réflexion qui nous reste en travers de la gorge, vient parfois se détacher du lot et ajouter de la confusion au quotidien.
La boucle redémarre...
Nous rejouons les scènes, les échanges, nous extrapolons, nous réécrivons l'histoire en imaginant ce que nous aurions dû dire ou faire, comme si nous avions besoin de la revivre encore et encore pour tenter de la digérer.
Nous ravivons les blessures ou les injustices passées.
Sans nous en rendre compte, nous alimentons énergétiquement un véritable univers virtuel.
Un espace qui nous prend une énergie folle tant que nous continuons à faire tourner cette roue de hamster.
Ce mécanisme de pensée nous prive de notre présence, de notre disponibilité et de toute forme de créativité.
C’est un véritable cercle vicieux : plus nous alimentons ces scénarios, plus ils prennent de la place, et plus nous nous coupons de notre réalité.
Dès que nous nous laissons porter par un souvenir ou un regret, nous nous éloignons du présent pour habiter le passé.
De la même manière, dès que nous nourrissons une inquiétude pour une situation qui n'a pas encore eu lieu, nous basculons dans le futur.
Nous dépensons une énergie vitale précieuse à faire vivre des temporalités qui n'existent pas.
Pourtant, regardons la vérité en face : ce flot de pensées n’est pas un défaut de fabrication de notre esprit.
C'est une chance extraordinaire, une puissance brute que nous ne savons tout simplement pas utiliser.
Voyez votre esprit comme un ordinateur de pointe : ce flux de pensées incessant, c’est votre bande passante.
Si elle est saturée par des dizaines de fenêtres ouvertes en arrière plan, des regrets obsolètes, des scénarios catastrophes, des dialogues fictifs, le système rame, sature et s’épuise.
Mais si vous nettoyez cette bande passante, si vous la laissez propre et libre, toute cette puissance de calcul se libère instantanément.
Une fois dompté et canalisé, ce flot ne détruit plus : il devient le carburant exclusif de votre créativité, de votre clarté et de votre intuition.
L'enjeu n'est pas d'éteindre la machine, mais d'apprendre enfin à s'en servir.
Pour inverser la tendance et enclencher un cercle vertueux, tout commence par une prise de conscience de ce schéma.
Avant de pouvoir nous laisser aller au présent, il nous faut d'abord identifier que nous sommes en train de nourrir ces boucles.
Comme nous n'avons pas l'habitude de le faire, le premier pas est d'apprendre à conscientiser ce flot de pensées, à y amener de la régularité pour, petit à petit, discipliner ce flux.
Pour commencer, il s'agit simplement de s'offrir un moment pour "checker" la tendance de notre flux de pensées.
Posez-vous cette question toute simple : mes pensées appartiennent elles au passé, au futur, ou sont-elles simplement au service de la créativité du présent ?
Se poser cette question est déjà un excellent début.
Tout l'enjeu est ensuite de se la poser assez fréquemment pour permettre à la conscience de réajuster le tir.
Ce flux de pensées fonctionne comme un muscle : il a besoin de travailler un peu tous les jours pour rester souple et bien irrigué.
Dès que nous choisissons de nous laisser aller au présent, quelque chose change.
Le présent, c'est le seul endroit où vit notre corps. C'est aussi le seul endroit où réside notre conscience : elle, elle ne vit ni dans le passé, ni dans le futur.
Elle siège toujours ici et maintenant.
Réinvestir l'instant, c'est une décision que nous pouvons prendre à chaque seconde.
C'est un entraînement, un retour à la maison, là où tout commence vraiment.
La sophrologie est une méthode particulièrement adaptée pour apprendre à conscientiser ces mécanismes.
À travers des exercices de respiration, de relâchement musculaire et de visualisation, une séance de sophrologie permet de couper court aux ruminations et de se reconnecter à son corps.
En tant que sophrologue, mon rôle est de vous donner les outils concrets pour observer ce flux sans le subir, et pour ancrer cette régularité dans votre quotidien.



Commentaires